Parlons méthode éducative


Éducation, Troubles du comportement / lundi, avril 8th, 2019

En éducation, il n’y a pas une méthode mais plusieurs manières d’éduquer son chien. Même si certains conseils de propriétaires vous semblent avisés, si une approche a fonctionné sur leur compagnon, il n’en sera pas forcément de même avec un autre chien d’autant plus si elle n’est pas dans le respect de l’animal.

La relation de l’homme avec le chien s’est établie sur une entente : nous sommes deux prédateurs, tu m’aides, je te nourris. De ce fait, les chiens sont devenus tributaires de nous. Ils ne peuvent pas sortir quand ils le veulent, chasser, aller faire leur besoins etc… C’est une réalité à prendre en compte.

Dans notre entente initiale, nous avons attribué aux chiens différentes tâches : ils gardent les troupeaux, éloignent les autres prédateurs, préviennent des incursions sur le territoire etc …

Aujourd’hui, la réalité est tout autre pour nos compagnons devenus animaux de compagnie. 

Les chiens n’ont doncpas choisi cette vie. C’est pour cela, qu’il est important de leur apporter tout ce dont ils ont besoin afin d’éviter l’ennui, les fugues, la destruction, la dépression etc…

Malgré tout l’amour que nous lui portons, le chien est un prisonnier. Si je regarde bien, Guess et Sam n’ont pas choisi de vivre avec nous. Aussi est-il de mon devoir de leur fournirune activité physique et intellectuelle.

De cette entente, on peut déduire aussi que le chien est un opportuniste. Il agit dans son propre intérêt soit pour avoir quelque chose, soit pour éviter quelque chose. Si le chien nous obéit c’est dans l’espoir d’avoir une récompense ou par peur d’une sanction. C’est une réalité !

Si vous prenez en compte ses deux éléments, vous avez déjà fait un bon en avant.

Il en découle deux façons d’éduquer son chien : soit on est dans une méthode dite coercitive ou dans une méthode dite bienveillante.

La méthode coercitive :

Lors d’un entraînement il n’est pas rare de voir des maîtres s’adresser au chien avec un ton autoritaire. Je crois que cela vient du mot dressage (lol) les personnes pensent qu’il faut être autoritaire pour que le chien écoute. Quand le chien n’effectue pas leur demande nous voilà dans une répétition des ordres : « assis » « assis » « assis »….Le ton monte crescendo et le chien commence à se lécher la truffe. Émotionnellement, il devient incapable de répondre à la demande de son maître qui a l’air bien en colère. Ne voyant pas le malaise de l’animal, on appuie sur le bassinet si le chien résiste, on appuie plus fort et encore plus fort jusqu’à ce que le chien cède. 

Pourquoi ne pas s’asseoir dessus ?

Finalement sous la pression le chien finit par s’asseoir.

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Technique du pendu.

A mon plus grand regret la méthode coercitive fonctionne. Effectivement un tel rapport de force va apprendre au chien le signal « un assis » qu’il produira pour éviter une conséquence désagréable.

Cependant si je m’arrête deux secondes sur l’état émotionnel de mon chien, est-il bien dans ses pattounes ? Est-il bien dans sa tête ? L’a-t-il fait par plaisir ???

Non !

Il le fait afin d’éviter un désagrément, et oui le chien n’aime pas trop qu’on le force pour lui apprendre quelque chose. Tout comme nous. Si une personne m’appuie sur les épaules pour me faire asseoir, je ne pense pas que je serai bien à l’aise. Je ferai de l’évitement, je lui retirais les mains de mes épaules ou j’en viendrais à hausser le ton.

En forçant le chien à s’asseoir, je risque de développer un mal être chez lui, de la peur ou de l’agressivité sur du long terme.

Cela dépendra de son tempérament et de son caractère.

Il en est de même pour le ton que vous utilisez pour vous adresser à votre chien. Votre chien entend les ultrasons ; inutile donc de parler fort ou de crier. Vous allez lui faire peur, lui faire perdre confiance en lui , l’humilier, l’inhiber. Et oui, le chien le ressent !

Si je prends l’exemple de la marche en laisse, souvent quand le chien tire, le maître tire afin de ramener son chien au pied. Plus le maître tire sur la laisse et retient son chien, plus le chien tire. Cela s’appelle le réflexe d’opposition. Dans ce cas précis, on apprend au chien à tirer !

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Voilà le binôme dans une spirale infernale pleine de désagréments pour les deux acteurs.

La colère, la frustration ou le stress que nous exprimons sont ressentis par votre chien qui stressera à son tour.Il sera grand temps d’arrêter avant de lui écraser la trachée, d’avoir des séquelles sur l’oesophage ou les vertèbres cervicales. Les grands coups de laisse remplis de force et de colère, les colliers étrangleurs, à pointes ou tout autre outil de torture n’y feront rien : le chien continuera à tirer malgré des séquelles physiques.

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Ne serait-il pas grand temps de changer votre approche ? De remettre en question votre méthode ?

Allons plus loin. Si je continue à être autoritaire dans mes apprentissages, j’apprends aussi à mon chien qu’un comportement agressif fonctionne. Il peut le reproduire par apprentissage avec les congénères ou d’autres humains. Si nous lui apprenons pourquoi ne l’appliquerait-il pas ? Et là, nous allons avoir de gros problèmes à gérer. Il peut sur du long terme se retourner contre nous. On a déjà vu des personnes voulant un chien « militaire » se faire mordre.

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Le chien est un individu qui a des émotions, c’est un être vivant que nous devons respecter comme nous respectons les autres. Ce n’est pas un robot !

Personne n’aime apprendre dans les cris, les coups. Pourquoi cela serait-il différent pour le chien ?

L’ignorance de la compréhension du comportement canin, les raccourcis pris pour éduquer son chien sont de la maltraitance et devraient être proscrits afin de protéger davantage les animaux.

Je pense important lorsque vous faites de l’éducation avec votre chien de vous mettre toujours à sa place avant d’agir.

Le chien ne doit jamais subir la colère de l’humain, son impatience et encore moins son incompétence.

N’oubliez que cet animal captif ne vous a rien demandé, il est grand temps d’apprendre à le comprendre et à le respecter comme un être vivant qui a des émotions.

NB : le chien passe sa journée à vous observer, il connait vos attitudes et postures en fonction de vos émotions et il se calquera à vous émotionnellement. On n’entraîne pas son chien si on est énervé. Il le ressentira et ses réponses risquent d’être perturbées .

La méthode bienveillante :

Un outil utilisé, le clicker.

Comme vous l’imaginez, elle est à l’opposé de la méthode coercitive. L’entraînement du chien passe par la prise en compte de ses émotions, de son bien-être dans les apprentissages.

Lors d’un précédent article, nous avons parlé de la communication canine. Je pense important dans un premier temps de comprendre son chien, de l’écouter afin de pouvoir répondre en conséquence. Il est primordial d’avoir une connaissance parfaite de la communication canine avant de commencer à apprendre des signaux (ordres) à votre chien.

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Pour éduquer une espèce, il faut comprendre comment elle fonctionne.

Quels sont ses besoins ? Le point commun entre toutes les espèces est que tout individu produira des comportements pour avoir accès à de la nourriture, de l’eau et à la reproduction.

La domestication du chien a fait que ce dernier ne produit aucun comportement pour se nourrir. Le chien est un prédateur et manger dans une gamelle vient d’ une intervention de l’homme. Il préfèrera toujours une activité de chasse qui lui procure une activité intellectuelle et physique, de plaisir. Souvent je conseille (à la grande surprise des intéressés) de jeter le bol alimentaire au sol : le chien adore et il produit des comportements pour se nourrir.

En éducation, nous utilisons le bol alimentaire dans l’entraînement du chien sur des exercices de base. Parfois nous aurons besoin d’une récompense plus forte (saucisse, jambon, gruyère). Cela dépendra de ce qui motive le plus votre chien. Pour certains ce sera leur jouet favori, leur maître etc… Nous utilisons ce qu’aime le chien comme motivation.

N’oubliez pas qu’un individu motivé apprend plus vite.

Si votre patron vous félicite pour un travail accompli et vous donne une prime, vous prendrez plaisir à travailler pour lui.

Pour le chien c’est pareil. La bouffe le motive, les encouragements le motive, le jeu le motive, la balade le motive, la gratitude le motive etc….

L’éducation bienveillante regroupe tout ce qui motive votre chien à apprendre, et cela dépend de chaque individu. Parfois un jouet lancé fera le bonheur de votre chien, pour les gros gourmands ce sera leur gamelle. La caresse peut aussi être utilisée …

Pour apprendre à Sam et Guess tous les apprentissages qu’ils connaissent, j’ai utilisé leur bol alimentaire comme récompense car ce sont des ventres sur pattes. Ils sont très gourmands.

Je les ai beaucoup encouragés et valorisés dans les réponses qu’ils me donnaient et quand ils faisaient une erreur je les aidais à trouver la bonne réponse. Pour ma part, il n’y a pas d’apprentissage sans erreur.

Quand on entraîne son chien il est important de tout mettre en œuvre pour que votre chien soit dans la réussite. En cas d’échec, avant toute chose, il faut savoir se remettre en question, ce qui est bien difficile dans le monde des humains (bin oui, c’est toujours la faute du chien qui ne comprend rien). Si vous pensez ainsi, vous ferez forcément des raccourcis (méthode coercitive).

Pour apprendre le couché à Sam, j’ai d’abord travaillé à la maison en utilisant une croquette. Pour cela, je lui ai placé cette dernière sur la truffe et je l’ai descendu jusqu’au sol. Quand Sam était en position couché je lui ai donné sa récompense. Sam était tout content et moi aussi. Voilà un petit chien qui apprend le signal « couché » sans aucun stress. Pas besoin de le toucher physiquement en tirant sur ses antérieurs en rendrant l’entraînement et l’apprentissage désagréables.


En l’aidant, l’accompagnant, je mets un lien de respect mutuel et d’attachement.

J’apprend à le connaître et lui aussi.

Dans les apprentissages nous commençons toujours par un signal visuel. Quand ce dernier sera répété une cinquantaine de fois, il pourra être mis sur signal verbal. Il faut décomposer l’apprentissage pour une meilleure compréhension du chien.

Dernier point important dans l’éducation de votre chien, il faut des règles de vie et ne jamais en déroger.

Comme pour mon fils qui met le couvert, débarrasse la table. Ce sont de petites contraintes qu’il apprend et qui en feront un adulte débrouillard.

Pour ma part apprendre la contrainte à un individu est équilibrant.

Pourquoi Guess et Sam n’en n’auraient pas ?

Par exemple, je ne préfère pas qu’ils aient accès à l’espace nuit. Je leur ai donc appris à ne pas y aller malgré une porte toujours ouverte. Ils le respectent parfaitement. Je n’ai pas eu besoin de hurler pour cela, ni de les menacer.

Pour mon petit Sam, j’ai dit « non , couloir » et quand Sam a reculé je lui ai dit « très bien » en jetant une poignée de friandises dans la zone autorisée. Il y a eu deux ou trois erreurs mais j’ai répété l’exercice sans cri. J’ai eu une attitude et un comportement ferme et décidé, non autoritaire. L’éducation se fait en appliquant les règles mises en place au travers d’entraînements motivant.

A la maison, chacun a son panier, parfois ils se l’échangent ce qui ne me dérange en rien. Je leur ai appris le signal « ta place » afin qu’ils ne soient pas toujours au milieu de nous. Effectivement si je les laissais faire, je les aurais sur les genoux. Quand je bois un café, je leur demande d’aller à leur place. Ils sont dans la même pièce que moi mais cela m’évite d’enjamber tout ce petit monde pour avoir accès à mon frigo. Car ce sera celui qui sera le plus proche de nous, donc à nos pieds. Leur apprendre d’aller à leur panier, apprend à mes chiens la contrainte et la frustration. Un quotidien normal. Ils n’en sont pas malheureux, ils sont autour de nous.

Je pense que la base de l’éducation passe par l’application de règles de vie à la maison. Cela rassure mes deux chiens.

Il faut que chaque individu d’une famille respecte les règles établies. Si votre chien n’a pas le droit au canapé, il faudra que les enfants le respecte car une demande aléatoire fixe un comportement. Il en est de même pour les sauts ou tous les comportements que vous ne souhaitez pas voir évoluer. Il faut être cohérent et d’une droiture irréprochable.

L’éducation de nos chiens est pour moi un livre de recettes où les ingrédients changent en fonction de l’individu. Il y a plein de façons pour apprendre à un chien à se coucher, ce qui a correspondu à Sam ne le sera pas forcément pour votre chien. C’est à nous de savoir comment emmener le chien à produire un comportement.

Nous devons préparer d’avance l’exercice afin de mettre notre chien dans la réussite. Je vous invite à toujours préparer un programme d’entraînement sans dépasser 5 min car il faudra faire une pause de 2 à 3 min pour reprendre. Le temps de concentration d’un chien est de trois minutes, il ne faut pas non plus l’abrutir dans les apprentissages. Un petite pause, courte, s’impose.

Vous pouvez utiliser la friandise dans l’entraînement mais aussi son jouet favori. Utilisez ce qui motive votre chien !!!! Le timbre de voix est important, plus je suis proche et plus je chuchote.


Votre chien ne comprend pas le sens des phrases que vous utilisez cependant il comprend parfaitement les intonations. Quand je dis à Sam « c’est bien mon pépère » je lui transmets mon contentement. Guess se dandine ! Je ne dis pas ma mémère (sic) mais « c’est bien ma Guéguess » et la voilà en train de bouger exagérément l’arrière train.

La méthode bienveillante, est une méthode qui motive et valorise votre chien. Elle met un lien indéfectible entre vous et votre compagnon et c’est bien à vous de savoir comment entraîner votre chien, car vous êtes seul à savoir ce qu’il aime.

Il y a les astuces mais il y a le livre que vous êtes en train d’écrire avec l’être qui vit à vos côtés. Regardez-le, observez-le car votre chien vous parle à sa façon.


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